Jusqu’aux années 1950/60, un système agri-alimentaire diversifié, majoritairement tourné vers un marché local et de fait relativement écologisé

Les systèmes agricoles sont alors principalement fondés sur la combinaison classique polyculture élevage, avec des spécificités liées aux différentes zones : châtaigne/ovins dans les pentes, vigne en côteaux et en plaine. Le déclin démographique a commencé, et ne s’arrêtera pas jusqu’aux années 1990.

L’autoconsommation des ménages agricoles et de manière plus générale en milieu rural reste dominante, du fait des pratiques de jardinage et des liens inter-générationnels dans les familles élargies dont la plupart comprennent alors au moins un ménage agricole. Les échanges alimentaires sont ainsi assez faiblement monétarisés, et la vente de produits alimentaires elle-même reste majoritairement en très grande proximité (marché local, vente aux voisins…) ; l’autosuffisance du territoire est de ce fait plus élevée qu’aujourd’hui, mais certaines productions sont déjà orientées vers l’export (les fruits qui sont écoulés vers les grandes villes par le réseau ferroviaire alors très dense et un réseau, dense lui aussi, de courtiers, voir Lamine et al. 2015). L’organisation du travail agricole s’appuie souvent sur des réseaux collectifs, que cela soit localement ou au travers des « colles », équipes qui se « louent » collectivement pour les vendanges par exemple, en dehors du territoire, fonctionnement qui perdurera jusqu’aux années 1970.

L’analyse systémique sur cette période, qui se caractérise par un système agri-alimentaire relativement écologisé de fait ou « par défaut », où l’autosuffisance et les échanges en proximité restent élevés, met en évidence une forte connexion/interdépendance entre les agriculteurs et les consommateurs locaux, les autres maillons étant plus en retrait par rapport aux périodes ultérieures (figure ci-dessous).

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